L’intelligence artificielle générative a ouvert un nouveau chapitre dans la création visuelle, et Midjourney s’impose comme l’un des outils les plus performants. Cependant, la qualité des résultats dépend entièrement de votre capacité à formuler des prompts (commandes textuelles) efficaces. Le Prompt Engineering est donc devenu une compétence essentielle pour obtenir des images précises, créatives et professionnelles grâce à cette IA.
C’est quoi le Prompt Engineering ?
Le Prompt Engineering est une discipline essentielle qui consiste à formuler des instructions précises et détaillées pour guider une intelligence artificielle générative, comme les modèles de langage ou d’image, vers des résultats spécifiques et optimaux. Contrairement aux requêtes classiques utilisées dans les moteurs de recherche, cette pratique exige une approche méthodique et réfléchie, intégrant des paramètres techniques, des contraintes créatives et des objectifs clairement définis.
Pourquoi est-il essentiel de bien écrire ses prompts ?
Cette compétence est devenue cruciale pour plusieurs raisons majeures. Elle offre d’abord un contrôle artistique total sur les rendus finaux, permettant aux utilisateurs d’affiner chaque détail selon leur vision exacte, que ce soit pour une illustration, un texte ou une conception graphique. Ensuite, elle réduit considérablement le temps de génération en minimisant les cycles d’essais et d’erreurs, ce qui accélère les workflows et améliore la productivité.
Par ailleurs, le Prompt Engineering permet de reproduire des styles cohérents sur plusieurs créations, une fonctionnalité indispensable pour les marques, les artistes ou les équipes de design souhaitant maintenir une identité visuelle ou narrative uniforme. Enfin, il optimise l’usage professionnel de l’IA dans des domaines exigeants comme le marketing, le design ou la rédaction, où la précision et l’efficacité sont des impératifs.

Comment fonctionne Midjourney ?
Midjourney n’est pas une simple intelligence artificielle générative d’images. C’est un outil à part entière, avec ses codes, ses contraintes et ses subtilités. Contrairement à d’autres générateurs visuels, Midjourney s’utilise via Discord, ce qui implique une interface en ligne de commande, parfois déconcertante pour les débutants. Chaque prompt est tapé manuellement dans un salon spécifique, précédé d’une commande (/imagine), ce qui exige une certaine rigueur dès les premières interactions.
Exemple :
/imagine « Portrait d’un astronaute dans un style rétro-futuriste, combinaison argentée brillante, arrière-plan néon violet et bleu, éclairage dramatique, cadrage serré, rendu photoréaliste –ar 3:4 –v 6 –style raw »
L’algorithme de Midjourney est particulièrement sensible à la formulation. Il ne lit pas le prompt comme un humain, mais comme une série d’instructions à pondérer. L’ordre des mots, le style du vocabulaire ou même l’usage de la ponctuation peuvent modifier le rendu final. À cela s’ajoutent des paramètres techniques puissants : la commande –ar permet de définir le ratio de l’image (par exemple –ar 16:9 pour du format paysage), tandis que –v sélectionne la version du modèle utilisé (avec des écarts notables de style et de qualité entre les versions). D’autres réglages comme –stylize influent sur la liberté artistique de l’IA, entre réalisme brut et interprétation très stylisée.
Enfin, Midjourney a été entraîné sur un corpus d’images très large, ce qui lui permet de reproduire une vaste gamme de styles visuels, allant du dessin minimaliste au photoréalisme cinématographique. Plus que tout, Midjourney récompense les prompts clairs, bien structurés, et nourris d’un vocabulaire visuel précis. C’est un outil exigeant mais incroyablement puissant pour ceux qui apprennent à l’utiliser.

Les bases à connaître pour bien rédiger un prompt Midjourney
Rédiger un bon prompt dans Midjourney ne se résume pas à décrire vaguement ce que l’on souhaite. C’est un véritable exercice de précision et de vision. Chaque mot compte, chaque terme oriente le générateur vers une esthétique, un cadrage ou une ambiance particulière. Comprendre les fondamentaux du prompt engineering, c’est donc poser les bases d’un dialogue clair entre l’humain et l’intelligence artificielle.
La structure d’un prompt efficace
Un prompt bien conçu suit une logique simple mais rigoureuse. Il commence généralement par le sujet principal, c’est-à-dire ce que l’on veut voir apparaître dans l’image : une personne, un objet, une scène. À cela s’ajoute un style artistique, qui peut être réaliste, surréaliste, pictural ou inspiré d’un courant précis comme le cyberpunk ou l’art déco. Viennent ensuite les éléments contextuels : l’ambiance lumineuse, les couleurs dominantes, l’arrière-plan ou encore le niveau de détail souhaité. Enfin, les paramètres techniques propres à Midjourney comme le format d’image (–ar), le degré de stylisation (–stylize) ou la version du modèle (–v 6) permettent d’ajuster le rendu avec finesse.
Les bonnes pratiques pour bien débuter
Pour tirer le meilleur de Midjourney, il est essentiel d’adopter une démarche claire et descriptive. Plus un prompt est précis, plus l’IA a de chances de produire une image fidèle à l’intention de départ. Il ne s’agit pas seulement de multiplier les adjectifs, mais de choisir des mots qui traduisent une vision cohérente. Mieux vaut dire « portrait d’un astronaute en combinaison rétro, éclairage studio, style années 70 » que « un astronaute cool« . L’utilisation de termes visuels, de références culturelles ou de styles artistiques bien définis est un levier puissant pour guider l’IA. En revanche, les formulations vagues ou abstraites peuvent générer des résultats imprévisibles, voire décevants.

Quels frameworks pour maîtriser le Prompt Engineering sur Midjourney ?
1. Framework "Sujet + Style + Contexte"
Raccourci mental : Quoi + Comment + Où/quand
Ce framework est le plus simple et le plus polyvalent. Il permet de construire un prompt clair en décrivant d’abord le sujet principal, puis le style artistique souhaité, et enfin le contexte dans lequel le sujet évolue. Il est particulièrement utile pour les scènes illustratives, les portraits et les compositions visuelles équilibrées.
Exemple :
/imagine « Un renard, style aquarelle japonaise, courant dans une forêt enneigée au crépuscule –ar 16:9 –v 6 »

2. Framework "Référence artistique"
Raccourci mental : Comme si c’était peint/filmé par…
Ce framework consiste à injecter directement une référence culturelle ou artistique dans le prompt : un peintre célèbre, un courant artistique, un réalisateur ou un type de photographie. Il permet d’orienter l’IA vers un style visuel précis en quelques mots.
Exemple :
/imagine « Ville futuriste au bord de l’eau, style Moebius, couleurs pastel, ambiance onirique –ar 21:9 –v 6 »

3. Framework "Émotion + Sujet + Palette"
Raccourci mental : Ce que je veux faire ressentir + ce que je montre + comment je le colore
Ce modèle part d’un ressenti ou d’une émotion (mélancolie, joie, tension…) pour guider la composition. Il est très utile pour des visuels narratifs ou évocateurs, comme une affiche, une couverture ou une illustration poétique.
Exemple :
/imagine « Solitude, silhouette d’un homme sous un lampadaire, palette bleu nuit et orange doux, pluie légère –v 6 –style raw »

4. Framework "Scène narrative"
Raccourci mental : Mini storytelling visuel
Ici, on décrit une scène comme si on écrivait un extrait de film ou de roman. Ce framework fonctionne très bien pour créer des images complexes, dynamiques ou pleines de détails, notamment en fantasy, science-fiction ou historique.
Exemple :
/imagine « Un astronome observant un ciel étoilé depuis le sommet d’une tour ancienne, ciel nocturne clair, constellations visibles, lumière de la lanterne éclairant les pierres, ambiance calme et mystique –ar 16:9 –v 6 »

5. Framework "Paramètres techniques ciblés"
Raccourci mental : C’est la commande qui dirige le style
Ce modèle repose sur une maîtrise des modificateurs techniques Midjourney : version, style, format, stylisation, chaos, seed, etc. Il est particulièrement utile pour affiner un rendu, comparer plusieurs versions, ou pousser le générateur dans ses retranchements.
Exemple :
/imagine « Cabane en bois isolée au bord d’un lac gelé, ciel rosé au lever du soleil, lumière douce et ambiance paisible –ar 16:9 –v 6 –style raw –stylize 500 –chaos 20 »

Quelles sont les erreurs à éviter quand on rédige un prompt Midjourney ?
1. Être trop vague
Des termes comme « beau paysage », « image cool », ou « personnage stylé » n’apportent aucune information exploitable à l’IA. Plus un prompt est flou, plus le résultat sera générique ou aléatoire.
2. Accumuler des idées contradictoires
Tenter de mélanger des éléments incompatibles comme « nuit ensoleillée », « réaliste en style cartoon », ou « portrait en pleine action » brouille l’intention du prompt. Midjourney va tenter une synthèse… souvent étrange.
3. Ignorer les contraintes de version
Certains paramètres comme –style raw, –style scenic ou –niji ne sont pas compatibles entre toutes les versions de Midjourney. Utiliser un paramètre obsolète ou incompatible peut soit générer une erreur, soit activer un mode par défaut sans que l’utilisateur s’en rende compte.

4. Utiliser des formulations trop littéraires ou abstraites
Midjourney ne comprend pas les métaphores complexes ou les intentions poétiques. Des phrases comme « la solitude d’un monde oublié » ou « l’espoir au bord du néant » risquent de produire des résultats déconnectés.
5. Surcharger le prompt avec trop d'informations
Un prompt trop long, rempli d’adjectifs ou d’instructions empilées, peut noyer le moteur dans une surcharge d’interprétations. Résultat : une image confuse, imprécise ou inesthétique.
6. Négliger les paramètres d’image
Oublier d’ajouter un –ar (format), ou un –style si l’on veut un rendu spécifique, peut faire perdre en impact visuel. Par défaut, Midjourney génère en 1:1, ce qui n’est pas toujours adapté au projet (poster, fond d’écran, miniature, etc.).
Quels outils et ressources de prompt engineering ?
Le prompt engineering ne repose pas uniquement sur l’inspiration : il s’appuie aussi sur les bons outils. Que ce soit pour trouver des idées, analyser des visuels, affiner les paramètres ou automatiser la rédaction, plusieurs plateformes ont émergé pour accompagner les créateurs dans l’utilisation avancée de Midjourney.
Voici une sélection des outils les plus utiles, classés par fonction, avec leur lien direct pour gagner en efficacité et en créativité :
Outil | Utilité | Lien |
PromptHero | Bibliothèque de prompts | |
Lexica | Moteur de recherche visuel | |
ChatGPT | Assistant de génération | |
Midjourney Showcase | Galerie officielle | |
Prompt Params | Générateur de paramètres |

Quels diplômes pour un contrat pro ?
Le contrat de professionnalisation permet d’accéder à une large gamme de certifications reconnues, adaptées aux exigences du marché du travail. Il ouvre la voie à l’obtention de diplômes professionnels tels que le CAP, le baccalauréat professionnel, le BTS ou encore la licence professionnelle.
En parallèle, ce dispositif permet de préparer des titres professionnels inscrits au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), garantissant ainsi leur reconnaissance officielle. Il offre également la possibilité d’obtenir un certificat de qualification professionnelle (CQP) ou une certification validée par une convention collective nationale de branche, facilitant ainsi l’insertion et l’évolution dans des secteurs spécifiques.
Conclusion
Le Midjourney Prompt Engineering évolue d’une pratique intuitive vers une véritable discipline technique. En maîtrisant ces concepts, vous passez du statut d’utilisateur à celui de créateur éclairé. En combinant des frameworks efficaces, des paramètres bien choisis et les bons outils pour s’inspirer ou affiner sa méthode, on passe de simples essais aléatoires à une vraie direction artistique assistée par IA. Et c’est là que se joue toute la différence entre une image quelconque… et une création qui capte l’œil et l’imaginaire.