No code

Le No Code : la création digitale repensée

Margalith

Margalith

6 min

Il est temps de repenser nos habitudes et de jeter un œil à ce qui se fait ailleurs, ce qui émerge et pourrait nous aider à améliorer notre productivité et notre travail. Au cœur d’une époque façonnée par la transformation digitale, on voit émerger un nouveau mouvement qui vient modifier notre manière de concevoir la création numérique, c’est le NoCode.

Qu’est-ce que le No Code ?

Le No Code (ou le No-Code) est le fait de permettre aux créateurs de contenus digitaux (Sites Web, jeux vidéo, applications mobiles…) de développer au travers de plateforme de développement visuels simples. Le No Code, c’est s’affranchir de l’écriture de lignes de codes (ou presque) à l’aide de plateformes dédiées qui viennent simplifier la tâche de l’utilisateur. Celui-ci, n’a alors plus besoin de « coder » afin de créer les éléments de son projet, il suffit de glisser-déposer les composantes représentées par des blocs visuels afin de débuter la création d’applications

L’utilisation du mot « création » trouve son sens dans l’accessibilité que permettent les différentes plateformes de No Code. On ne « développe » au sens classique du terme, mais on crée en s’affranchissant des différentes connaissances techniques nécessaires afin de laisser la part belle à la créativité et l’imagination du créateur. L’idée derrière le No Code est de simplifier et accélérer considérablement le développement de projets donnant la possibilité de pouvoir proposer une première landing page en quelques heures et à moindre coût

Toutefois, le No Code ne s’éloigne pas totalement du « développement » classique. Certes il est possible de ne plus avoir besoin d’un développeur dans un premier temps, mais il est toujours possible d’intégrer des lignes de code au sein d’outils No Code. Encore une fois, l’idée est d’accélérer le processus de création et le rendre accessible à une plus grande part d’utilisateurs.

No Code et Low Code : la différence ?

On entend souvent parler de No Code et Low Code en confondant les deux alors que ce sont deux choses bien distinctes. Alors quelles sont concrètement les différences entre ces deux pratiques ?  Il faut savoir que ces deux pratiques ne sont pas destinées au même public et au même projet. Là où le Low Code s’adressera principalement à des développeurs déjà capables de coder et souhaitant améliorer leur productivité en améliorant l’efficacité des ressources informatiques existantes, le No Code s’adressera principalement à un public ne sachant pas du tout coder et souhaitant mettre en place et développer des applications, site web ou du scrapping automatisé.  

On retrouve de nombreux outils Low Code utilisés par un grand nombre d’entreprises. Si vous utilisez des tableaux Excel ou Google Sheet afin d’analyser, traiter des données et produire des résultats, vous faites en réalité déjà du Low Code ! Il est désormais possible de créer une application mobile, une base de données, une API ou une application mobile Web à partir d’outils tels que PowerApps, Airtable ou Excel, c’est l’émergence du Low Code. 

À la différence du No Code qui n’impose pas l’écriture de lignes de codes, le Low Code nécessite un certain niveau de compétence minimal dans l’écriture d’un langage informatique. Il nécessite environ 20% à 30% de programmation selon les projets. Le Low Code peut être appréhendé au premier abord par un membre d’équipe n’ayant aucune compétence en programmation, mais il nécessite l’intervention d’un développeur afin de pouvoir finaliser la création du produit. Les outils Low Code sont alors plutôt destinés aux développeurs souhaitant améliorer leur productivité en leur permettant de construire de manière plus efficace, plus agile et moins complexe. Le Low Code est un entre-deux entre le développement « classique » et la méthode de création No Code, minimisant la quantité de lignes de codes à écrire. 

En pratique, les outils de No Code et Low Code peuvent se rejoindre et se compléter. Certains acteurs du marché considèrent les plateformes de No Code comme des plateformes de Low Code spécialisées dédiées à des besoins spécifiques en entreprise ou à du prototypage de projets en cours de lancement. Il arrive également que des outils No Code soient utilisés sur une partie d’un site web (le front) et des outils Low Code pour une autre partie (le back par exemple).

Pourquoi le No Code ?

Si le No Code émerge de nos jours, c’est pour répondre à une problématique simple : la demande en développeur est trop importante par rapport à l’offre, recruter devient difficile et coûte cher. Mobiliser les ressources humaines nécessaires en termes de développeurs compétents peut prendre du temps et représenter un investissement financier conséquent.  Le No Code est apparu aux yeux d’entreprises comme un moyen efficace de répondre à ces besoins spécifiques. En effet, le No Code présente des avantages intéressants : 

  • Agilité   

L’intérêt pour de nombreuses entreprises et particuliers pour le No Code réside dans la flexibilité que ces plateformes peuvent offrir. En effet, elles permettent de s’affranchir du besoin d’une équipe de développement. Il est beaucoup plus simple de lancer et tester une idée pour répondre à un besoin. Par exemple, le service marketing d’une entreprise peut facilement mettre en place une application de gestion de projet marketing afin d’améliorer la productivité du service sans dépendre de la DSI (Direction des Services Informatiques). Il est alors possible de répondre à un besoin facilement et de tester une application en itérant sur les différentes versions d’une idée pour gagner en agilité.

  • Diminution des coûts

L’accessibilité des outils No Code de part leur besoin en qualification minimes engendre une diminution des coûts non négligeable. La masse financière que représente une équipe de développeurs et de maintenance (qu’elle soit externe ou interne) est alors considérablement réduite. Pour les entrepreneurs et les petites start-ups, le recrutement d’un développeur est un investissement qui n’est parfois pas possible, le No Code est alors une alternative intéressante pour lancer un projet. Toutefois, les outils de No Code ne sont pas gratuits, mais représentent un coût qui reste négligeable face à la masse salariale d’un développeur. De nombreux outils présentent des politiques tarifaires accessibles avec des forfaits d’essais.

  • Productivité

L’aspect qui rassemble les initiés et non-initiés à la programmation est la productivité. Comme énoncé précédemment, les développeurs peuvent trouver un intérêt à mettre en œuvre des outils No Code afin d’améliorer leur productivité. Ces outils étant par définition ergonomiques et intuitifs, de nombreuses entreprises observent un gain de productivité en mettant en place des outils afin de compléter leurs ressources informatiques existantes.

Le No Code: la solution parfaite ?

Au-delà des nombreux avantages que possèdent les plateformes de développement No Code, il est important d’avoir en tête que ces plateformes servent à répondre à un besoin spécifique et que leur utilisation est associée à certains inconvénients. Le No Code a des limites et il n’est pas adapté à tous les usages

  • Une rigidité contraignante

Les outils No Code présentent une certaine rigidité qui oblige à revoir la manière de concevoir les différentes fonctionnalités d’une application. Il ne s’agit plus de penser à ce que l’on souhaite faire, mais à ce qu’il est possible de faire avec une plateforme No Code. Les possibilités offertes par une plateforme sont limitées aux fonctionnalités dont elle dispose, la personnalisation finale et la migration d’une application peuvent devenir très vite compliquées. Les sites Web développés à partir du No Code se basent sur l’utilisation de modèles préexistants peu originaux et ressemblant à de nombreux autres sites. Pour des projets plus sur-mesure et complexes, le No Code trouve ses limites. 

Même si les nombreuses plateformes de No Code permettent de pallier ce manque de flexibilité, il faut alors avoir une connaissance exhaustive des besoins afin de choisir la plateforme adaptée.

  • Manque de contrôle 

L’utilisation du No Code s’accompagne d’une dépendance technologique vis-à-vis de la plateforme de No Code utilisée. Le contrôle « total » de l’application No Code n’est pas possible et si des problèmes de sécurités apparaissent sur une plateforme No Code, il y a de grandes chances que les applications No Code utilisant cette plateforme soit aussi victime de ces problèmes de sécurités. La disparition d’une plateforme No Code peut alors entraîner des problèmes majeurs de fiabilité et de migration, problèmes qui peuvent engendrer une perte substantielle de temps et d’argent

Quels outils pour le No Code ?

On trouve un nombre considérable d’outils No Code pour tous les usages, que ce soit la création de site web, d’applications mobiles, de chatbot, la mise en place d’API ou la gestion de base de données. Il est difficile de faire une liste exhaustive de tous ces outils, mais on peut citer les plus populaires parmi lesquels on retrouve : Bubble, Airtable, PowerApps, Glide, Zapier, Adalo, WordPress

Ce sont des plateformes en plein développement qui profitent des contraintes financières générées par la crise du coronavirus et de l’essor du marché du No Code pour s’étoffer.

Il est d’ailleurs possible de se former à l’utilisation d’outils Low Code au service de la Data chez Datascientest tel que Power BI, au travers de nos formations Data Analyst et Data Manager